Chaque veille de Noël, il réserve le même petit chalet, isolé , à l’orée d’une forêt enneigée. Il fait froid. L’endroit est désert, il n’y a pas pas âme qui vive. Le calme. Seul les animaux sauvages, le bruit des branches des sapins et le craquement de la neige sous les pieds viennent perturber ce petit havre de tranquillité.

L’homme vient depuis des années. Il a pris ses habitudes. Il arrive chaque matin du 24 décembre, ouvre en grand les volets pour aérer le chalet, fait un brin de ménage, place des guirlandes à l’extérieur autour de la porte d’entrée et des fenêtres et allume un bon feu dans la cheminée.

Puis il prépare son déjeuner: un toast, deux saucisses et des oeufs au plat. Ensuite, il fait couler un grand café. Il en aura besoin pour la nuit qui l’attend. Elle promet d’être longue et froide. Enfin, il amorce ses cannes.

Devant le chalet se trouve un lac gelé. A la tombée de la nuit, le vieil homme allume les guirlandes, creuse un trou dans la glace, installe son siège de pêcheur et lance sa canne à pêche, un thermos à ses côtés, pour le tenir éveillé. Il ne veut pas risquer de s’endormir.

La nuit est étoilée. La neige commence de tomber. Le petit pêcheur, attendant les petits poissons, baisse son bonnet, s’emmitoufle un peu plus dans son manteau et se met à fredonner une chanson d’hiver.

« Neige, neige blanche »…

Le petit pêcheur pêchera toute la nuit.