Bonjour cher lecteur. Me voilà de retour en cette fin d’année scolaire. Un peu tardive, je vous l’accorde ,pour vous conter des anecdotes mais les premiers mois ont été plutôt calme comparé à ce début de troisième trimestre assez mouvementé. Les élèves se sont révélés et dans les établissements, on s’accroche tous pour la dernière étape avant les grandes vacances.

En réalité, mes adorables élèves ont commencé à se lâcher il y a quelques mois, certains plus doux que d’autres mais rien qui valait la peine d’être raconter. Aujourd’hui en revanche, je pense avoir matière à vous fournir.

Mon anecdote du jour concerne des élèves de troisième prépa-métier et avant que vous ne posiez la question, pour celles et ceux qui ne connaissent pas, je vais vous l’expliquer en quelques mots…Il s’agit d’une classe destinée à ceux qui ne sont pas vraiment scolaire, qui ont des difficultés et qui désirent découvrir le monde professionnel en réalisant plusieurs stages, trois ou quatre dans l’année. Les élèves peuvent ensuite se diriger vers un certificat d’aptitude professionnel ou un baccalauréat professionnel. Ils peuvent également décider ou non de partir en apprentissage à la condition de trouver un patron. La 3PM peut ainsi être considérée comme une opportunité formidable. Si les matières générales occupent tout de même une place importante et si l’on demande encore aux élèves de rester assis sur une chaise, les cours sont toutefois allégés et le brevet, un brevet professionnel, plus simple. S’ajoutent à cela quelques cours de pratique en fonction des sections professionnelles qui existent au sein des lycées.

Une opportunité? Disons que cela dépend vraiment de l’année dans laquelle on tombe. Un peu comme toutes les classes j’imagine.

Du côté des enseignants, il me semble judicieux de vous informer que c’est une classe redoutée. Lors de ma titularisation, je me souviens des paroles de ma tutrice et des autres professeurs: « J’espère que tu n’auras pas les 3PM! » Ces quelques mots en disent long sur ce que chacun pense de cette classe. Une classe à éviter! Une idée assez commune à bon nombre d’enseignants.

Je suis arrivée il y a cinq ou six ans dans la cité scolaire où j’enseigne actuellement. La répartition avait déjà été établi et devinez quelle classe on m’avait attribuée? Oui , les 3PM.

BON! Depuis, je les reprends chaque année. Je suis contente de les avoir. Il faut donc croire qu’ils ne sont pas si terribles que cela… ou bien je suis une grande masochiste. Au regard de tous les évènements de cette année et à en juger par l’état de fatigue et de lassitude dans lequel se trouvent mes collègues au jour d’aujourd’hui, collègues qui ont plus de bouteille que moi, j’opterais pour la deuxième option. Je suis maso.

Revenons à présent à nos moutons ou plutôt mes élèves. Inutile de vous préciser qu’un brouhaha infernal règne dans ma classe. Je n’ai jamais de calme. Je n’en ai pas eu depuis… je calcule…des années. Par conséquent, le bruit, pour moi, c’est monnaie courante, presque un vieux camarade que je côtoie depuis mes débuts dans l’enseignement. Aussi ai-je été surprise quand cette semaine, j’ai eu droit à un peu de calme. Un tout petit peu de silence. Que mes oreilles ont apprécié. Comment ai-je réussi cette prouesse?

Suivez la recette:

Il suffit d’une bonne chanson, de feutres, de feuille, de quelques élèves absents et de beaucoup de patience.

  1. Assurez-vous pour commencer que certains éléments perturbateurs soient absents.
  2. Proposez une chanson que les élèves réclament depuis longtemps.
  3. Et pour les élèves ont déjà suivi le cours. J’ai oublié!!! Ces deux dernières semaines , les élèves devaient partir en stage. Une partie la semaine dernière et l’autre cette semaine. Petite contrainte, sinon ce n’est pas amusant, certains élèves n’ont pas trouvé de stage et étaient présents les quinze jours. Ils ont suivi deux fois le même cours. Fallait-il donc trouver de quoi les occuper.
  4. Pour ceux ayant déjà assisté à la séance la semaine passée, proposez du coloriage. Donnez-leur des feutres et des crayons de couleur et pour instruction d’illustrer la chanson que vous avez étudié.

Au final vous obtiendrez une classe à- peu -près silencieuse. Quelques petits bavardages de temps en temps, vraiment minime par rapport à ce que vous subissez d’habitude. Les élèves sont contents et vous serez soit tout aussi content qu’eux, soit dépité.

C’est ce que j’ai ressenti. Un mélange de deux sentiments opposés. Je suis censée enseigner l’anglais et je me retrouve maîtresse d’école. J’ai dû me tromper de vocation.


Et vous, comment auriez-vous réagi?